vendredi 2 février 2018

Dis moi le monde!

Papa, oh papa dis moi le monde
pourquoi des personnes sont si dépourvues
celui-la allongé par terre dans la rue
vieille femme sur le bitume qui a faim
pourquoi ne leur donne t-on pas assez de pain

Tu sais Melinda le monde est bien compliqué
beaucoup ne regardent pas ils sont trop pressés
Mais demain, demain les hommes enfin éduqués
trouveront les solutions pour l'améliorer

Papa, oh papa dis moi le monde
pourquoi faut-il que les hommes fassent la guerre
celui-là innocent, une balle dans le cœur
une mère et son enfant enlacés par terre
Au nom de quoi faut-il nous apprendre la peur

Tu sais Melinda le monde est bien compliqué
Les hommes se sont toujours battus par intérêt
Mais demain, demain les hommes enfin éduqués
trouveront les solutions pour l'améliorer

Papa, oh papa dis moi le monde
pourquoi tant de gens doivent quitter leur maison
celui-là, embarqué, meurt noyé dans l'onde
peux t-on leur trouver place dans notre monde
ensemble nous pouvons agir avec raison

Tu sais Melinda le monde est bien compliqué
Des pays sont dans la misère et dévastés
Mais demain, demain les hommes enfin éduqués
trouveront les solutions pour l'améliorer

Papa, oh papa dis moi le monde
pourquoi certains hommes sont-ils si opulents
celui-là  ne peut pas nourrir tous ses enfants
n'a t-on pas de quoi donner à tout indigent
que peuvent faire les riches de tout leur argent

Tu sais Melinda le monde est bien compliqué
tant de personnes vivent dans l'avidité
Mais demain, demain les hommes enfin éduqués
trouveront les solutions pour l'améliorer

Papa, oh papa dis moi le monde
pourquoi des gens détruisent et tuent la nature
celui-là sans appareil ne peut respirer
n'a t-on pas fini de saccager nos forêts
que ferons nous sans eau, air ni nourriture

Tu sais Melinda le monde est bien compliqué
Te l'expliquer reviendrait à s'en excuser
mais toi,toi et tes frères vous êtes l'espoir
rien n'est désespéré, vous aurez le pouvoir

Les Taupes

Je plonge dans le trou béant ce matin
rejoindre mécaniquement ce monde souterrain
La nouvelle génération de taupe, nous sommes
marchant dans ces galeries creusées par les hommes

Sur le quai tous regardent le tunnel sombre
d’où va surgir le bruyant serpent de métal
qui ouvrira ses gueules vomissant le bétail
emmenant sa nouvelle  cargaison vers l'ombre

Une femme pleure mais personne ne la regarde
Elle est triste, elle a eu une mauvaise nouvelle
Son mari l'a quitté pour une plus belle
Une maladie lui prend le fils qu'elle garde

Personne dans ce lieu ne saura la raison
Les gens baissent la tête de peur qu'on les toise
Ils ne veulent pas se dévoiler montrer leur prison
Ne pas paraître comme ceux que leur regard croise

Un jeune monte, la musique en serre-tête
les yeux roulant sur le jeu de sa console
Il est le pendant des personnages, de ses idoles
Propulsé dans un monde qui le ballotte, l'entête

Continuant son trajet malgré les bousculades
Il ne retiendra que le bruit, les roucoulades
de  ses écouteurs et les images de l'ordinateur
S’en allant laissant les gens à leur torpeur.

Cette jeune femme qui tranquillement se maquille
Il y a dix ans elle n'aurait pas osé cette fille
Aujourd’hui pour elle le métro est l'espace temps
Plus chez elle, pas au travail elle prend l'instant

Avec dextérité malgré les secousses elle s'embellit
Elle doit faire bonne figure, ôter les rides de la nuit
de mascara et de fond de teint elle gomme, aplanit
Deux stations encore et le miracle s'accomplit.

Cette petite vieille qu'en finit pas de parler
Elle houspille, bouscule les gens invites
Critiquant la publicité parlant de sexualité
Elle prend à partie, nous force à l'écouter

Ceux qui ne la connaissent pas sont étonnés
Mais ce qu'elle dit n'est pas dénué de certitude
Ce sont des vérités basiques des choses sensées
Elle prend le choix de les crier pour éviter la solitude

Ce mendiant qui chaque jour sort sa rengaine
Un discours auquel lui ne croit même pas
Réclamant quelqu’argent pour un repas
Grâce à nous il sentira moins la haine

Chaque jour le propos s'enrichit d'un couplet
La maladie, le chômage,  le malheur au complet
Rendant les gens complices de ses ennuis
Il part nous laissant finir notre nuit

On n'est jamais si seul que dans une foule
Si différents et pourtant si proches
On voit les gens on les croit moches
Pourtant en dedans il y a un cœur qui roule.

Le métro poursuit sa couse infernale
Un virage les corps s'entrechoquent, se touchent
Une décharge électrique des sourires débouchent
Un souvenir doux restera de cette heure matinale


Léonard

Et Léonard pleure sa musique lancinante
Des images volent dans mon imaginaire
Me nourrissant de sa poésie enivrante
Je communie ne comprenant que son air

Plus que les mots la musique déclame
Je me suis forgé une poésie à écouter
Ces chansons que l'on disait sans âme
Je les recréées en moi pour m'évader.

Et Léonard chante Marianne
Il s'illumine et s'enflamme
il est prêt à vendre son âme
Et Léonard s'enfuit avec Suzanne

La musique m'a permis la survie
Une nourriture, un souffle, un besoin
Dans mon parcours elle m'a suivit
M’accompagnant, m'envoutant  au loin

Et Léonard chante l'oiseau sur le fil
Il réclame un peu de liberté
Des âmes il change le profil
S’envolant vers l'éternité.

Dehors

Dehors, dehors il y a la vie
enfermé derrière mes barreaux
je suis privé du vent chaud
le froid pénètre mon envie

L'espoir décline le jour
L'ombre envahit mon ennui
Les couleurs s'estompent, suit
Un mal lancinant et sourd

Cette nuit pleins de cauchemars
surviendront me transportant
dans un monde délirant
fait de démons et cafards

Demain, demain si de nouveau
Je revis l'espoir renaitra
au fil du jour déclinera
Routine de la vie un jour finira


Uriah Heep

Nous roulions sur la route des vacances
la cassette nous inondait d'envolées d'Uriah Heep
La Simca 1000 blanche filait sa route
Derrière trois copains copines silencieux

Nous étions en communions tous les cinq
La musique, le soleil et la route
Des moments qu'on ne voudrait jamais quitter
Au loin la mer et l’horizon de liberté
Ce sont nos premières vacances, les études finies

Nous allons camper dans les dunes de sable blond
Un parfum de vie m'envahit, le monde m'appartient
Tous ces efforts enfin récompensé et toi.
Uriah heep continue à déverser ses mélodies

J’approche ma main de la tienne et à jamais
Fuir le monde étourdissant, on aurait pu
On aurait peut être du, la vie parfois
Bascule sur un coup de tête, une idée

Uriah heep chante pluie dans mes larmes
Voilà un instant avec toi et déjà les pleurs
C’est fou ce que la musique a sur moi comme effet
je me souviendrai et n'oublierai jamais.

Rain, rain, rain, in my tears
Measuring carefully my years
Shame, shame, shame, in my mind
See what you've done to my life

Rain Uriah Heep

Crépuscule

Le  bourdonnement d'un vol de libellule
dans les grandes herbes autour de l'étang
qui se pose sur un coquelicot rouge sang
le soleil couchant annonce le crépuscule

l'étang reflète une beauté du monde
que la truite dorée d'un bond a froissé
faisant des grands cercles sur l'onde
puis plongeant dans l'abîme angoissé

au loin une vache déchire le silence
d'un meuglement qui résonne à l'aventure
l'ombre envahit le jour redessinant la nature
avant de l'enfermer dans un noir intense

l'horizon s'enflamme derrière la colline
le jour se meurt dans ce bain de sang
la vie que la nuit emprisonne attend
espérant de nouveau que l'aube la câline

Je quitte la route laissant derrière moi
un peu de ma jeunesse perdue
mais fort de l'expérience acquise en soi
repartirai dans cette course éperdue


L'éternité

Elle est partie sans bagage
s'en est allée sans pleurer
s'élevant dans les nuages
afin de mieux nous regarder

Les pluies sur nous auront un peu d'elle
Une goutte une larme qui saura
le souvenir tout de suite reviendra
et son sourire comme une étincelle

La vie la mort des histoires d'homme
comme Eve qui mange la pomme
le paradis ici n'est plus qu'un rêve
Maintenant elle le connait Geneviève

Demain qui sait peut être plus vite
on se retrouvera on sera quitte
la vie la mort plus d'importance
l'éternité sera notre distance.


Demain

Demain, peut être que les hommes comprendront
que leur monde tel qu'ils le font ne tourne pas rond
qu'a force de croire qu'ils ont la vérité
ils ont perdu toute simple humilité

Demain l'argent ne sera plus une valeur
on n'échangera que les choses du cœur
le profit ne sera plus le seul objectif
donner deviendra un geste instinctif

Demain on ne pensera plus à dominer
on se contentera de vivre heureux
que le but n'est pas de culminer
mais de chercher a être généreux

Demain l'homme ne pillera plus sa terre
il maitrisera les énergies nouvelles
celles qui ne tuent pas sa mère
laissant à ses enfants la nature belle

Demain il n'existera ni misère ni sollicitude
personne ne réclamera pour survivre
la vie au contraire sera facile à vivre
partager deviendra une habitude

U n jour peut être ce sera demain
T ous les hommes se tiendront par la main
O n ne sera plus des grands plus des nains
P arceque la différence sera reine
I gnorant la laideur et la peine
E n vivant d'un sang neuf dans nos veines

vendredi 3 octobre 2014

Piquou le hérisson

Piquou le hérisson fait des mathématiques
Mais ce qu'il préfère ce sont les statistiques.
Il passe toute la journée à calculer.
Par les chiffres il est obnubilé.

Il habite à proximité d'une route.
Il compte donc toutes ces machines bruyantes
passant dans leur couleurs rutilantes.
écrasant ses congénères coûte que coûte.

Julot l'ado est un fou de la vitesse.
Sur son engin à deux roues il va, s'élance.
La peur, ne maitrise pas il s'en balance.
Sa mère, en le voyant partir, se stresse.

Un jour Julot il lui arrivera malheur
surtout quand il déchire seul la nuit.
Il sait le peu d'obstacle quand la lune luit
donc il accélère pour toucher le bonheur.

Piquou a longtemps amassé les données.
Parcourir aisément la bande de bitume.
Il ne passera personne cette journée.
Il pourra lui traverser sans inquiétude

Julot a atteint sa vitesse infernale.
Il sent la plénitude venir l'envelopper
quand une boule se profile dans ses phares
il ne peut l'éviter en cette heure matinale

Piquou mort fait partie des statistiques
Il ne savait pas que cette science dite exacte
s'enrichit tous les jours c'est mécanique
il en a fait les frais prenez en acte

Dis moi le monde!

Papa, oh papa dis moi le monde pourquoi des personnes sont si dépourvues celui-la allongé par terre dans la rue vieille femme sur le bitu...